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Rencontre de l’opposition: Assalé Tiémoko réplique vivement aux critiques de Yacouba Doumbia

AfriqueVérité 02 Sep 2026 - 17H34 vues
Les retrouvailles d'une bonne frange de l'opposition au siège du Ppa-ci alimentent les passions

La récente concertation de l’opposition, visant à élaborer une proposition de loi organique pour la création d’un nouvel organe électoral, continue de susciter de vives tensions. Au cœur de cette dynamique, l’absence du PDCI-RDA a immédiatement déclenché un débat houleux sur la représentativité réelle des forces politiques en présence.

À l’origine de cette polémique, le journaliste Yacouba Doumbia s’est fendu d’une publication particulièrement virulente sur ses réseaux sociaux, sous le titre réprobateur ‘’La calculette est cruelle’’. Analysant la portée de ce rassemblement sans le poids du doyen des partis d’opposition, il a interrogé la légitimité du mouvement : « L'opposition se concerte donc. Très bien. Reste une question de simple arithmétique : au nom de combien d'Ivoiriens ? ».

Cette sortie tendant à réduire l’influence de la rencontre à sa seule représentativité parlementaire ou électorale immédiate n'a pas tardé à provoquer une réaction cinglante. Antoine Assalé Tiémoko, député, journaliste et président du mouvement Aujourd’hui, demain la Côte d’Ivoire (ADCI), formation ayant pris une part active aux échanges, s'est fendu d’une réplique au vitriol intitulée ‘’L'arithmétique du ventre plein’’.

Contestant frontalement la grille de lecture de son confrère, le leader de l’ADCI a dénoncé une vision strictement comptable et matérielle de la vie démocratique : « Il en est réduit à aligner des sièges et à compter des élus pour décider si une opposition mérite le droit de s’exprimer. Triste réflexe de celui qui oublie que, derrière le béton et les façades qu’il célèbre, les fondamentaux moraux s'abîment ».

Allant plus loin dans sa contre-offensive, Antoine Assalé Tiémoko a déplacé le terrain du calcul électoral vers celui de l’abstention massive qui caractérise les derniers scrutins dans le pays. Il a ainsi rappelé des données socio-politiques qu'il juge sciemment occultées par les tenants du pouvoir et leurs relais. « Pourtant, il se garde bien de compter les véritables absents du grand rendez-vous démocratique : ces près de 80 % de citoyens qui ont choisi de tourner le dos aux urnes, notamment dans la capitale et dans de nombreuses localités du pays. Ce chiffre-là, bien plus accablant, semble étrangement échapper à son arithmétique sélective », lit-on dans le post d’Assalé.

Pour le président de l’ADCI, le désintérêt d'une grande majorité de la population vis-à-vis du processus électoral constitue le véritable symptôme de la crise institutionnelle que traverse la Côte d'Ivoire. Fustigeant ce qu'il perçoit comme un renoncement éthique motivé par le confort personnel, le parlementaire a conclu son plaidoyer par une attaque ad hominem particulièrement acerbe.

« Il faut dire que la cuillère est déjà dans sa bouche. Dès lors, pourquoi s’émouvoir de l’effondrement de la confiance populaire ? Tant que la marmite continue de bouillir et que sa ration quotidienne est garantie, les principes constitutionnels, les libertés publiques et les droits des citoyens peuvent bien aller dériver au fil des fleuves pollués du pays. Mais voilà un sujet qui n’éveille guère sa conscience. Les droits, les institutions et la voix du peuple deviennent soudain secondaires lorsque le confort personnel tient lieu de conviction politique », a réagi Assalé tiemoko.

Noëlle Rabe 

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