Rencontre de l’opposition: Assalé Tiémoko réplique vivement aux critiques de Yacouba Doumbia
La récente concertation de
l’opposition, visant à élaborer une proposition de loi organique pour la
création d’un nouvel organe électoral, continue de susciter de vives tensions.
Au cœur de cette dynamique, l’absence du PDCI-RDA a immédiatement déclenché un
débat houleux sur la représentativité réelle des forces politiques en présence.
À l’origine de cette
polémique, le journaliste Yacouba Doumbia s’est fendu d’une publication
particulièrement virulente sur ses réseaux sociaux, sous le titre réprobateur
‘’La calculette est cruelle’’. Analysant la portée de ce rassemblement sans le
poids du doyen des partis d’opposition, il a interrogé la légitimité du
mouvement : « L'opposition se concerte donc. Très bien. Reste une question de
simple arithmétique : au nom de combien d'Ivoiriens ? ».
Cette sortie tendant à réduire
l’influence de la rencontre à sa seule représentativité parlementaire ou
électorale immédiate n'a pas tardé à provoquer une réaction cinglante. Antoine
Assalé Tiémoko, député, journaliste et président du mouvement Aujourd’hui,
demain la Côte d’Ivoire (ADCI), formation ayant pris une part active aux
échanges, s'est fendu d’une réplique au vitriol intitulée ‘’L'arithmétique du
ventre plein’’.
Contestant frontalement la
grille de lecture de son confrère, le leader de l’ADCI a dénoncé une vision
strictement comptable et matérielle de la vie démocratique : « Il en est réduit
à aligner des sièges et à compter des élus pour décider si une opposition
mérite le droit de s’exprimer. Triste réflexe de celui qui oublie que, derrière
le béton et les façades qu’il célèbre, les fondamentaux moraux s'abîment ».
Allant plus loin dans sa
contre-offensive, Antoine Assalé Tiémoko a déplacé le terrain du calcul électoral
vers celui de l’abstention massive qui caractérise les derniers scrutins dans
le pays. Il a ainsi rappelé des données socio-politiques qu'il juge sciemment
occultées par les tenants du pouvoir et leurs relais. « Pourtant, il se garde
bien de compter les véritables absents du grand rendez-vous démocratique : ces
près de 80 % de citoyens qui ont choisi de tourner le dos aux urnes, notamment
dans la capitale et dans de nombreuses localités du pays. Ce chiffre-là, bien
plus accablant, semble étrangement échapper à son arithmétique sélective »,
lit-on dans le post d’Assalé.
Pour le président de l’ADCI,
le désintérêt d'une grande majorité de la population vis-à-vis du processus
électoral constitue le véritable symptôme de la crise institutionnelle que traverse
la Côte d'Ivoire. Fustigeant ce qu'il perçoit comme un renoncement éthique
motivé par le confort personnel, le parlementaire a conclu son plaidoyer par
une attaque ad hominem particulièrement acerbe.
« Il faut dire que la cuillère
est déjà dans sa bouche. Dès lors, pourquoi s’émouvoir de l’effondrement de la
confiance populaire ? Tant que la marmite continue de bouillir et que sa ration
quotidienne est garantie, les principes constitutionnels, les libertés
publiques et les droits des citoyens peuvent bien aller dériver au fil des
fleuves pollués du pays. Mais voilà un sujet qui n’éveille guère sa conscience.
Les droits, les institutions et la voix du peuple deviennent soudain
secondaires lorsque le confort personnel tient lieu de conviction politique »,
a réagi Assalé tiemoko.
Noëlle Rabe

