CHINE :PÉKIN MUSCLE SA RIPOSTE FACE AU RALENTISSEMENT ÉCONOMIQUE
La Chine ne veut pas subir son ralentissement économique.
Face à l’essoufflement de plusieurs moteurs de croissance, Pékin prépare une
réponse plus vigoureuse. Sous la présidence du Premier ministre Li Qiang, le
Conseil des affaires d’État a appelé à renforcer les mesures de soutien à
l’investissement, à la consommation, à l’emploi et au marché immobilier.
Le signal est important. Alors que l’économie chinoise
montre des signes de ralentissement, le gouvernement veut accélérer la
mobilisation des financements publics. L’émission et l’utilisation des
obligations doivent être intensifiées afin de transformer plus rapidement les
ressources disponibles en investissements et en activité économique.
Les infrastructures occupent une place centrale dans cette
stratégie. Réseaux d’eau et d’électricité, télécommunications, capacités
numériques, infrastructures urbaines, transports et logistique doivent
bénéficier d’investissements supplémentaires. Pékin entend ainsi soutenir
immédiatement l’activité tout en préparant les capacités productives de demain.
Mais la relance ne peut plus reposer uniquement sur les
grands chantiers. Le gouvernement veut également stimuler l’investissement
privé, soutenir les petites entreprises, accompagner l’innovation technologique
et accélérer la modernisation industrielle. Derrière ces orientations apparaît
une volonté de renforcer simultanément la demande intérieure et la
compétitivité de l’économie.
Le dossier immobilier demeure cependant l’un des principaux
défis. Après plusieurs années de difficultés, le secteur continue de peser sur
la confiance des ménages, l’investissement et les finances de certaines
collectivités locales. Pékin envisage donc de nouvelles mesures pour stabiliser
le marché et éviter que la crise immobilière ne freine durablement la reprise.
L’emploi, les revenus et la consommation constituent l’autre
bataille. Pour retrouver une croissance plus solide, la Chine doit convaincre
les ménages de dépenser davantage et les entreprises d’investir. La question
n’est donc plus seulement de mobiliser de l’argent public, mais de restaurer
suffisamment la confiance pour remettre en mouvement l’ensemble de l’économie.
Cette offensive sera observée bien au-delà des frontières
chinoises. Deuxième économie mondiale et puissance industrielle majeure, la
Chine influence les matières premières, le commerce international, les
investissements et les chaînes logistiques mondiales. Un ralentissement
prolongé à Pékin finit nécessairement par produire des effets ailleurs.
La Chine montre ainsi qu’elle dispose encore d’importants
leviers budgétaires, monétaires et industriels. Reste désormais à mesurer leur
efficacité sur l’économie réelle.
Car une puissance économique ne démontre pas seulement sa force lorsqu’elle accélère. Elle la démontre aussi lorsqu’elle réussit à transformer un ralentissement en nouveau cycle de croissance.

