Bouaflé : Le comité de lutte contre l’orpaillage illégal dévoile son plan d’actions
Lors de la réunion présidée par le préfet de la région de la
Marahoué, préfet du département de Bouaflé, Gonbagui Gueu Georges, à la
préfecture, en présence des directeurs et chefs de service, la présentation de
cette feuille de route a été faite par le directeur régional des Mines et de la
Géologie de la Marahoué, Souleymane Sanogo,
M. Sanogo a rappelé que cette initiative fait suite aux
conclusions et recommandations de l’atelier du Conseil national de sécurité
(CNS) et du corps préfectoral, tenu les 4 et 5 septembre à Yamoussoukro, au
cours duquel les préfets ont été mis en mission pour mettre fin à ce phénomène
dans un délai de six mois, soit d’ici fin février 2027. Selon le directeur
régional des Mines, la feuille de route élaborée repose sur six actions clés.
La première porte sur la planification et la coordination, avec notamment la
validation de la feuille de route du CDLOI, la coordination des opérations de
renseignement et de déguerpissement avec les forces de défense et de sécurité
ainsi que la remobilisation de la cellule civilo-militaire (CCM).
La deuxième action concerne la sensibilisation des
populations. Des tournées ciblées seront organisées dans les sous-préfectures
et villages particulièrement touchés, notamment
Pangbankouamékro, Krigambo Angovia, Kouakougnagnou et Baziafla. Le
troisième volet est consacré à l’alerte et au renseignement, à travers une
veille permanente sur les activités suspectes liées à l’orpaillage illégal. Le
dispositif prévoit notamment le signalement des achats suspects de carburant en
grande quantité, la dénonciation des facilitateurs de l’orpaillage et la
remontée en temps réel des informations relatives à d’éventuelles
réinstallations sur les sites déjà déguerpis.
Le quatrième axe vise le déguerpissement et la surveillance.
Il prévoit l’évacuation des 14 sites illégaux répertoriés à ce jour dans le
département et la mise en place de comités de veille au niveau des
sous-préfectures. Des visites régulières des sites nettoyés permettront
également de contrôler leur état et de prévenir leur recolonisation. La
cinquième action porte sur l’évaluation et l’ajustement du dispositif. Une
réunion mensuelle de bilan sera organisée chaque premier lundi du mois afin de
mesurer l’impact des mesures prises, d’identifier les insuffisances et
d’adapter la stratégie en fonction des résultats obtenus.
Enfin, le sixième axe concerne la réhabilitation et la
valorisation des sites dégradés. Le comité entend plaider auprès de l’Etat et
des partenaires techniques et financiers en vue du remblaiement et de la
décontamination des sols. La valorisation des terres réhabilitées, notamment à
travers le maraîchage et la pisciculture, est envisagée afin de créer des alternatives
économiques durables pour les populations.« La situation est grave. Il est
urgent d’agir dès maintenant avec fermeté et méthode pour faire respecter la
loi et préserver notre environnement », a déclaré M. Sanogo, appelant à une
mobilisation de l’ensemble des acteurs concernés.
Le préfet a, pour sa part, insisté sur la nécessité de
privilégier les résultats dans la mise en œuvre de ce plan d’actions. « Une
action n’a de valeur que lorsqu’elle produit des résultats. Et quand ces
résultats sont satisfaisants, nous pouvons en être fiers », a-t-il affirmé,
avant de rappeler que la lutte contre l’orpaillage illégal engage l’ensemble
des acteurs du département. Selon Gonbagui Gueu Georges, l’orpaillage illégal,
qui s’est progressivement installé en Côte d’Ivoire, ne constitue plus un simple
manquement à la réglementation, mais représente désormais un problème «
économique, social, environnemental et sécuritaire ».
Il a invité les directeurs et chefs de service à apporter
leur pleine contribution à cette lutte, soulignant les risques encourus
quotidiennement par les forces de défense et de sécurité engagées sur le
terrain.« Nos forces de l’ordre prennent des risques considérables sur le
terrain pour lutter contre ce fléau. Si eux prennent tant de risques sur le
front, que faisons-nous à notre niveau ? », a-t-il interrogé, exhortant les
acteurs administratifs à faire preuve de sérieux et de rigueur dans
l’accomplissement de leur mission.
« Certains s’imaginent qu’il suffit de disparaître trois
mois des sites pour revenir ensuite, car ils nous savent laxistes. Il faut que
cela cesse », a-t-il martelé, estimant que la fermeté et la constance dans
l’application de la loi contribueront à changer les mentalités.Le plan
d’actions du CDLOI devra ainsi permettre de renforcer la synergie entre les
services de l’Etat, les forces de défense et de sécurité et les populations, en
vue d’éradiquer l’orpaillage illégal dans le département de Bouaflé à l’horizon
de fin février 2027.
Delgreth Kwame, correspondant régional

