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Financement des Infrastructures : 38 756 milliards FCFA à mobiliser

AfriqueVérité 19 Sep 2026 - 15H12 vues
La Côte d'Ivoire se projette sur le chemin du financement et la réalisation d'infrastructures durables.

La Côte d’Ivoire veut poursuivre sa transformation par les infrastructures. Routes, ponts, ouvrages urbains, équipements publics et modernisation des réseaux constituent un immense chantier dont les besoins sont évalués à 38 756 milliards de FCFA. Derrière l’ampleur de ce montant se pose une question essentielle. Comment financer durablement cette ambition tout en préservant les équilibres économiques et budgétaires du pays ? Le Salon des infrastructures d’Abidjan remet cette problématique au centre du débat. La nouvelle étape du développement ivoirien ne peut cependant plus être appréciée uniquement au nombre de kilomètres de routes réalisés ou à la multiplication des grands ouvrages. Elle doit aussi être évaluée à leur utilité économique et sociale, leur durabilité et leur capacité à stimuler l’activité dans les territoires.

 

Une ambition à près de 39 000 milliards de FCFA

 

Les 38 756 milliards de FCFA donnent la mesure des besoins et imposent nécessairement des arbitrages. Tous les projets ne pouvant être financés simultanément, les investissements à plus fort impact devront être privilégiés en fonction de la mobilité, du désenclavement, de l’accès aux zones de production et de l’amélioration des services essentiels. La question n’est donc plus seulement de construire davantage. Il s’agit de déterminer quels ouvrages réaliser en priorité, à quel coût, selon quel mécanisme de financement et avec quels résultats attendus pour l’économie et les populations.

 

Le financement au cœur de l’équation

 

L’ampleur des investissements nécessite une diversification des ressources. L’État ne peut porter seul, sur le long terme, l’ensemble des besoins d’infrastructures. Les partenariats public-privé, les financements concessionnels, les institutions de développement et les investisseurs privés peuvent compléter les ressources publiques.Cette diversification doit cependant s’accompagner d’une évaluation rigoureuse des coûts et des engagements futurs. L’enjeu consiste à maintenir une dynamique élevée d’investissement sans transformer les infrastructures d’aujourd’hui en charges excessives pour les finances de demain.

 

Construire mieux et durablement

 

Le débat porte également sur la qualité des infrastructures. La digitalisation du BTP, l’économie circulaire et la gestion durable des ressources prennent une place croissante dans la transformation du secteur.Une infrastructure ne devrait plus être jugée uniquement au moment de son inauguration. Son coût d’entretien, sa durée de vie, sa résistance aux effets climatiques et son impact environnemental doivent être intégrés dès sa conception. La maintenance devient ainsi aussi stratégique que la construction elle-même.

 

Transformer les grands chantiers en richesse

 

Les investissements dans les infrastructures peuvent également devenir des instruments de développement industriel s’ils favorisent les entreprises locales, la formation des ingénieurs et techniciens, l’emploi des jeunes et le transfert de compétences. Chaque grand chantier représente en effet un écosystème économique associant entreprises du BTP, transporteurs, fournisseurs, bureaux d’études et travailleurs. La performance des investissements devrait donc aussi se mesurer à la richesse et aux compétences qu’ils permettent de créer en Côte d’Ivoire.

 

Le défi de l’après-grands travaux

 

Après plusieurs années marquées par d’importants investissements, le prochain enjeu sera de transformer durablement les infrastructures en gains de productivité, en compétitivité et en amélioration des conditions de vie. Les 38 756 milliards de FCFA traduisent ainsi une ambition considérable, mais ils ouvrent surtout un débat essentiel sur les priorités, le financement, la maintenance et l’efficacité des investissements. Car l’héritage d’une politique d’infrastructures ne se mesure pas seulement aux ouvrages construits. Il se mesure à l’économie qu’ils font circuler, aux territoires qu’ils rapprochent et aux opportunités qu’ils créent pour les générations futures.

Noëlle Rabe 

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