Financement des Infrastructures : 38 756 milliards FCFA à mobiliser
La Côte d’Ivoire veut poursuivre sa transformation par les
infrastructures. Routes, ponts, ouvrages urbains, équipements publics et
modernisation des réseaux constituent un immense chantier dont les besoins sont
évalués à 38 756 milliards de FCFA. Derrière l’ampleur de ce montant se pose
une question essentielle. Comment financer durablement cette ambition tout en
préservant les équilibres économiques et budgétaires du pays ? Le Salon des
infrastructures d’Abidjan remet cette problématique au centre du débat. La
nouvelle étape du développement ivoirien ne peut cependant plus être appréciée
uniquement au nombre de kilomètres de routes réalisés ou à la multiplication
des grands ouvrages. Elle doit aussi être évaluée à leur utilité économique et
sociale, leur durabilité et leur capacité à stimuler l’activité dans les
territoires.
Une ambition à près
de 39 000 milliards de FCFA
Les 38 756 milliards de FCFA donnent la mesure des besoins
et imposent nécessairement des arbitrages. Tous les projets ne pouvant être
financés simultanément, les investissements à plus fort impact devront être
privilégiés en fonction de la mobilité, du désenclavement, de l’accès aux zones
de production et de l’amélioration des services essentiels. La question n’est
donc plus seulement de construire davantage. Il s’agit de déterminer quels
ouvrages réaliser en priorité, à quel coût, selon quel mécanisme de financement
et avec quels résultats attendus pour l’économie et les populations.
Le financement au
cœur de l’équation
L’ampleur des investissements nécessite une diversification
des ressources. L’État ne peut porter seul, sur le long terme, l’ensemble des
besoins d’infrastructures. Les partenariats public-privé, les financements
concessionnels, les institutions de développement et les investisseurs privés
peuvent compléter les ressources publiques.Cette diversification doit cependant
s’accompagner d’une évaluation rigoureuse des coûts et des engagements futurs.
L’enjeu consiste à maintenir une dynamique élevée d’investissement sans
transformer les infrastructures d’aujourd’hui en charges excessives pour les
finances de demain.
Construire mieux et
durablement
Le débat porte également sur la qualité des infrastructures.
La digitalisation du BTP, l’économie circulaire et la gestion durable des
ressources prennent une place croissante dans la transformation du secteur.Une
infrastructure ne devrait plus être jugée uniquement au moment de son
inauguration. Son coût d’entretien, sa durée de vie, sa résistance aux effets
climatiques et son impact environnemental doivent être intégrés dès sa
conception. La maintenance devient ainsi aussi stratégique que la construction
elle-même.
Transformer les
grands chantiers en richesse
Les investissements dans les infrastructures peuvent
également devenir des instruments de développement industriel s’ils favorisent
les entreprises locales, la formation des ingénieurs et techniciens, l’emploi
des jeunes et le transfert de compétences. Chaque grand chantier représente en
effet un écosystème économique associant entreprises du BTP, transporteurs,
fournisseurs, bureaux d’études et travailleurs. La performance des
investissements devrait donc aussi se mesurer à la richesse et aux compétences
qu’ils permettent de créer en Côte d’Ivoire.
Le défi de
l’après-grands travaux
Après plusieurs années marquées par d’importants
investissements, le prochain enjeu sera de transformer durablement les infrastructures
en gains de productivité, en compétitivité et en amélioration des conditions de
vie. Les 38 756 milliards de FCFA traduisent ainsi une ambition considérable,
mais ils ouvrent surtout un débat essentiel sur les priorités, le financement,
la maintenance et l’efficacité des investissements. Car l’héritage d’une
politique d’infrastructures ne se mesure pas seulement aux ouvrages construits.
Il se mesure à l’économie qu’ils font circuler, aux territoires qu’ils
rapprochent et aux opportunités qu’ils créent pour les générations futures.
Noëlle Rabe

