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RHDP–MFA : LE VIEUX DÉBAT QUI REVIENT BOUSCULER LE PARTI UNIFIÉ

AfriqueVérité 27 Sep 2026 - 00H44 vues
La sempiternelle question de la prise en compte du Mouvement des Forces de l'Avenir par le pouvoir RHDP vient de resurgir.

On pouvait croire la question définitivement réglée par la naissance du RHDP unifié. Elle revient pourtant par une voie inattendue. En réclamant une meilleure prise en compte des militants issus du MFA, Yéboua Atta Koblan François remet au centre du débat une préoccupation que le président du MFA, Yaya Fofana, défend depuis plusieurs années. Les deux hommes divergent sur l’existence actuelle du MFA, mais leurs prises de position se rejoignent sur une réalité. L’intégration d’une composante ne suffit pas nécessairement à régler la question de la place de ceux qui en sont issus.

La sortie de Yéboua Atta Koblan François donne ainsi un relief particulier aux positions défendues par Yaya Fofana, président du MFA. L’ancien vice-président du mouvement considère que le MFA a été fondu dans le RHDP lors de la constitution du parti unifié. Dans le même temps, il demande que les militants provenant du MFA soient davantage associés aux responsabilités et à la gestion du pouvoir. Cette coexistence entre fusion politique et revendication de représentation remet l’ancien débat sur la table.

Le président du MFA, Yaya Fofana, défend une lecture différente. Pour lui, la question ne saurait être réduite à la recherche de postes pour quelques responsables. Elle concerne la considération politique accordée à une composante ayant participé à l’histoire du rassemblement, la participation de ses cadres et militants ainsi que les mécanismes de dialogue au sein de la famille politique.

La déclaration publiée par le MFA le 25 septembre s’inscrit dans cette logique. Le mouvement demande l’ouverture d’un dialogue avec la direction du RHDP afin d’examiner concrètement la représentation de ses cadres dans les instances du parti, leur participation aux responsabilités publiques et leur présence dans les espaces de décision. Le MFA affirme ne vouloir ni imposer des noms ni réclamer des privilèges. Il écarte également toute logique d’ultimatum et présente sa démarche comme une demande de concertation.

Cette position permet de mieux comprendre la ligne développée par son président. Yaya Fofana ne limite pas son discours à la question de l’existence du MFA. Il pose une interrogation plus profonde sur la manière dont une coalition devenue parti unifié traite son propre héritage politique.

Le RHDP ne s’est pas construit en un jour. Avant de devenir un parti unifié, il fut un rassemblement de formations ayant choisi de mettre en commun leurs forces autour d’un projet politique. Cette histoire explique pourquoi les débats sur la représentation des différentes sensibilités peuvent survivre aux transformations institutionnelles.

La prise de parole de Yéboua Atta fait ainsi apparaître une tension politique. D’un côté, il considère le MFA comme fondu dans le RHDP. De l’autre, il continue d’identifier des militants issus du MFA dont il demande une meilleure prise en compte. Cette situation ne tranche pas le débat juridique ou politique sur le statut actuel du mouvement, mais elle montre que son héritage demeure une référence dans les discussions internes au RHDP.

C’est sur ce point que les prises de position répétées du président du MFA, Yaya Fofana, prennent une dimension nouvelle. Ce qu’il présente depuis plusieurs années comme une question de reconnaissance, de dialogue et de participation n’est plus exprimé uniquement par lui. Une personnalité ayant elle-même exercé d’importantes responsabilités au MFA soulève désormais, depuis l’intérieur du RHDP, une préoccupation comparable.

Les divergences demeurent néanmoins. Yéboua Atta parle essentiellement de militants intégrés au parti unifié. Yaya Fofana s’exprime en sa qualité de président du MFA et considère le mouvement comme une réalité politique. Les deux positions ne se confondent donc pas. Mais leur convergence sur la question de la représentation mérite attention.

Le débat dépasse dès lors une querelle sur l’existence d’un ancien parti. Il touche au fonctionnement d’une grande formation politique née d’une coalition. Comment préserver l’unité sans donner à certaines sensibilités le sentiment d’avoir disparu avec la structure dont elles sont issues ? Comment reconnaître les parcours historiques sans recréer les anciennes frontières internes ? Comment organiser la participation sans transformer la représentation en système de quotas ?

Yaya Fofana inscrit parallèlement cette réflexion dans un discours plus large sur les institutions et la transmission politique. Dans ses récentes prises de position, le président du MFA défend une République dans laquelle les institutions, les règles et le dialogue doivent progressivement prendre davantage de poids que les rapports personnels.

La direction du RHDP n’a pas encore, dans les éléments publics examinés, apporté de réponse détaillée à la demande de dialogue formulée par le MFA. Une évolution est toutefois perceptible. Le débat porté depuis plusieurs années par le président du MFA, Yaya Fofana, ne se limite désormais plus à sa seule parole. La sortie de Yéboua Atta montre qu’une interrogation comparable existe aussi chez des responsables ayant fait un autre choix concernant l’avenir du mouvement.

Le vieux débat n’était donc pas totalement clos. Il revient bousculer le parti unifié autour d’une question que les transformations organisationnelles n’ont pas fait disparaître. Comment construire durablement l’unité sans effacer les différentes histoires qui ont contribué à la bâtir ?

 Kobenan Yao

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