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CÔTE D’IVOIRE–GHANA :150 KM DE FRONTIÈRE RÉAFFIRMÉS ENTRE ABIDJAN ET ACCRA

AfriqueVérité 27 Sep 2026 - 00H10 vues
La Côte d'Ivoire et le Ghana entretiennent d'excellentes relations. Les deux pays viennent de s'accorder sur le tracé de leur frontière commune.

Une frontière n’est pas seulement une ligne sur une carte. Elle touche à la souveraineté, à la sécurité, aux échanges économiques et à la vie quotidienne des populations. Près d’un siècle après sa matérialisation initiale, la frontière terrestre entre la Côte d’Ivoire et le Ghana fait l’objet d’un important travail de réaffirmation. Une première phase portant sur 150 kilomètres vient de s’achever entre les deux pays.

La cérémonie organisée le 24 septembre à Diby, dans la sous-préfecture de Maféré, marque l’achèvement de cette première étape. Le tronçon concerné s’étend de la borne BP55, entre Newtown au Ghana et Afforenou en Côte d’Ivoire, jusqu’à la BP45 située entre Yaou et N’siakrom.

Au total, 78 bornes ont été construites sur ce linéaire, dont dix principales, quatre aux points de passage et 64 intermédiaires. Au-delà de l’opération technique, l’objectif est de rendre les limites territoriales plus clairement identifiables et de prévenir d’éventuels différends entre États comme entre communautés riveraines.

Le dossier possède également une forte dimension humaine. De part et d’autre vivent des communautés liées par l’histoire, les familles et le commerce. Mieux matérialiser la frontière ne signifie donc pas dresser une barrière entre les populations, mais mieux organiser un espace où les déplacements et les échanges sont anciens.

Cette clarification répond aussi à des enjeux économiques et sécuritaires. Une frontière clairement identifiée facilite l’organisation des points de passage, le commerce transfrontalier, la prévention des litiges fonciers et la coordination entre administrations. Dans une région confrontée aux trafics et à différentes formes de criminalité transfrontalière, elle facilite également la coopération entre les services de sécurité.

Abidjan et Accra entendent poursuivre le processus. Une deuxième phase est annoncée avant la fin de l’année 2026, tandis qu’un cadre de coopération transfrontalière est envisagé entre le Sud-Comoé ivoirien et la région occidentale voisine du Ghana.

L’enjeu dépasse ainsi le simple bornage. Il s’agit progressivement de transformer la frontière en un espace mieux administré, capable de concilier souveraineté nationale, sécurité, circulation des personnes et développement économique local.

Ces 150 kilomètres réaffirmés illustrent finalement une conception moderne de la frontière. Une ligne suffisamment claire pour protéger les souverainetés, mais suffisamment organisée pour ne pas séparer des populations que l’histoire, le commerce et la géographie continuent de rapprocher.

 Noelle Rabe

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