Infrastructures en Côte d’Ivoire : Après les grands chantiers, le défi de l’entretien
Routes, ponts, échangeurs, barrages et ouvrages hydrauliques
ont profondément transformé le paysage ivoirien. À l’issue du Salon des
infrastructures d’Abidjan 2026, achevé le 19 septembre, une nouvelle priorité
se dessine. Préserver les investissements réalisés et transformer l’expertise
acquise en véritable force économique nationale.
Ces dernières années, la Côte d’Ivoire a placé les
infrastructures au cœur de sa stratégie de développement. Abidjan s’est
métamorphosée tandis que de nombreux projets routiers, énergétiques,
hydrauliques et urbains ont été réalisés ou engagés à travers le pays.
Mais construire ne suffit plus. Routes dégradées, caniveaux
obstrués, réseaux d’assainissement fragilisés ou équipements nécessitant des
réparations rappellent l’importance d’une maintenance régulière. Un ouvrage
public ne devrait pas être évalué uniquement au moment de son inauguration,
mais aussi à sa capacité à remplir durablement sa fonction.
Entretenir pour préserver l’investissement
L’enjeu est aussi financier. Une maintenance préventive et
régulière peut éviter des réhabilitations beaucoup plus coûteuses. L’entretien
devrait donc être intégré dès la conception des ouvrages, avec des financements
identifiés, un calendrier de maintenance et des responsabilités clairement
établies.
La performance des infrastructures pourrait ainsi être
appréciée non seulement au nombre de kilomètres construits ou aux montants
investis, mais également à leur qualité, leur disponibilité et leur durée de
vie.
Faire émerger des champions ivoiriens
Le Salon des infrastructures a également remis au premier
plan la nécessité de renforcer l’expertise nationale, notamment dans les
infrastructures hydrauliques, et d’accompagner les entreprises ivoiriennes vers
les marchés régionaux.
Chaque grand chantier peut devenir une école de compétences
pour les ingénieurs, techniciens, PME, bureaux d’études et entreprises du BTP.
L’objectif est de permettre progressivement aux acteurs nationaux de maîtriser
davantage la conception, la construction, l’exploitation et la maintenance des
ouvrages.
La Côte d’Ivoire pourrait alors franchir une nouvelle étape,
celle de transformer les investissements réalisés sur son territoire en
savoir-faire exportable dans la sous-région et au-delà.
Après le temps des grands chantiers vient donc celui de leur
pérennisation. Le prochain défi ne sera pas seulement de construire davantage,
mais de mieux entretenir, de transmettre le savoir-faire et de faire des
infrastructures d’aujourd’hui une richesse durable pour les générations
futures.
Noëlle Rabe

