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Après la CEI, le vrai combat commence pour la confiance électorale en Côte d’Ivoire

AfriqueVérité 12 Sep 2026 - 13H55 vues
Après la dissolution de la Commission Electorale Indépendante (Cei), il est à espérer que la démocratie soit de mise

La dissolution de la Commission électorale indépendante n’a pas refermé le débat électoral ivoirien. Elle en ouvre un autre, probablement plus déterminant. Une fois l’ancienne architecture remise en cause, une question s’impose désormais à toute la classe politique. Quelle institution construire pour que les prochaines élections se déroulent dans un climat de confiance et que leurs résultats soient acceptés aussi bien par les vainqueurs que par les vaincus ?

 Pendant des années, la CEI a cristallisé une grande partie des controverses autour des élections. Sa composition, la représentation des sensibilités politiques, son indépendance, la gestion du fichier électoral et ses rapports avec les différents acteurs ont régulièrement alimenté les contestations. Sa disparition ne peut donc constituer une fin en soi. Le véritable enjeu réside dans ce qui viendra après. La Côte d’Ivoire dispose aujourd’hui d’une occasion rare de repenser profondément son système électoral, au-delà d’un simple changement d’appellation ou d’une redistribution des sièges.

 C’est sur ce terrain que majorité, opposition et société civile seront attendues. Les concertations engagées entre plusieurs formations de l’opposition montrent que le débat se déplace progressivement vers le contenu de la future architecture électorale. L’opposition devra dépasser les revendications générales pour proposer un modèle crédible, tandis que le pouvoir devra démontrer que la réforme ne consiste pas à reconstruire sous une autre forme le système abandonné.

 Les questions essentielles sont déjà posées. Qui désignera les responsables du futur organe électoral ? Quelle place sera accordée aux partis politiques, aux personnalités indépendantes et à la société civile ? Comment garantir son autonomie administrative et financière ? Qui contrôlera effectivement le fichier électoral ? Comment assurer la transparence depuis l’enrôlement jusqu’à la proclamation des résultats ? Quels mécanismes permettront aux candidats et aux citoyens de vérifier les différentes étapes du processus ?

 Derrière ces interrogations institutionnelles se joue surtout la question de la confiance. Une démocratie solide ne repose pas uniquement sur l’organisation régulière d’élections. Elle suppose que les règles soient connues à l’avance, comprises, appliquées à tous et suffisamment transparentes pour qu’aucun camp ne puisse soupçonner l’arbitre d’être au service de son adversaire. L’histoire politique récente de la Côte d’Ivoire rappelle également qu’une contestation électorale peut rapidement dépasser les institutions et fragiliser la cohésion nationale. Prévenir les crises demeure toujours préférable à devoir les résoudre après leur déclenchement.

 Le débat ne devrait donc pas devenir un simple affrontement entre le RHDP et l’opposition. L’élection appartient d’abord aux citoyens. Juristes, universitaires, spécialistes des questions électorales et organisations de la société civile devraient pouvoir contribuer à la construction du nouveau dispositif. Plus le processus sera inclusif, transparent et intelligible, plus la future institution pourra bénéficier d’une légitimité durable.

 Le calendrier constituera également un test majeur. Une réforme électorale profonde doit intervenir suffisamment tôt pour permettre aux acteurs de s’approprier les nouvelles règles, former les agents électoraux, informer les populations et corriger les éventuelles insuffisances avant les prochaines grandes échéances. Modifier les règles trop près d’un scrutin risquerait au contraire d’alimenter les soupçons que la réforme est précisément censée dissiper.

 La Côte d’Ivoire se trouve ainsi devant un choix. Faire de l’après-CEI une simple réorganisation administrative ou en faire le point de départ d’un nouveau consensus démocratique. La différence dépendra moins du nom donné à la prochaine institution que de son indépendance, de la transparence de son fonctionnement et de la confiance qu’elle inspirera aux citoyens et aux acteurs politiques.

 Après la CEI, le véritable combat commence donc maintenant. Il ne devrait être ni celui du pouvoir contre l’opposition ni celui d’un camp cherchant à prendre l’avantage sur l’autre. L’objectif devrait être de construire une règle électorale suffisamment solide pour qu’au soir d’une élection, la Côte d’Ivoire puisse débattre du choix des citoyens plutôt que de la crédibilité de l’arbitre.

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