Sahara marocain : Mohammed VI fixe les priorités de l’après-MINURSO et ordonne l’accompagnement du retrait de la mission onusienne
Quatre jours après l’annonce de la non-reconduction du
mandat de la MINURSO par le Conseil de sécurité des Nations Unies, le Roi
Mohammed VI a présidé, mercredi, au Palais Royal de Rabat, une séance de
travail consacrée à la préparation de la prochaine étape dans le dossier du
Sahara marocain. Au cœur des orientations royales : la préservation de
l’intégrité territoriale, la sécurité nationale, la quiétude des populations
des provinces du Sud et l’organisation du retrait de la mission onusienne, dans
un esprit de coopération avec l’ONU.
Cette réunion s’inscrit dans le prolongement du communiqué
du Cabinet Royal du 30 octobre dernier, qui avait présenté la non-reconduction
du mandat de la Mission des Nations Unies pour l’organisation d’un référendum
au Sahara occidental (MINURSO) comme une évolution majeure dans le traitement
de ce dossier.
Autour du Souverain ont notamment pris part à cette séance
la Cheffe du gouvernement, Mme Fatima Ezzahra El Mansouri, le Conseiller royal
Fouad Ali El Himma, le ministre de l’Intérieur, Abdelouafi Laftit, ainsi que le
Général de Corps d’Armée Mohammed Berrid, Inspecteur général des Forces armées
royales et Commandant la Zone Sud.
Trois priorités pour la nouvelle étape
À cette occasion, le Roi Mohammed VI a réaffirmé les
orientations fondamentales devant guider l’action des institutions marocaines
dans cette nouvelle séquence : le strict respect de l’intégrité territoriale et
de la souveraineté nationale du Royaume, la préservation de sa sécurité nationale
et la garantie de la quiétude de ses citoyens, particulièrement ceux des
provinces du Sud.
Le Souverain a donné Ses Hautes Instructions pour une mise
en œuvre ferme et vigilante de ces priorités, chacun dans son domaine de
compétence. Cette démarche vise notamment à consolider le consensus national, à
assurer la continuité des programmes de développement des provinces du Sud et à
poursuivre les projets structurants engagés dans ces territoires.
Les autorités marocaines entendent également assurer un
suivi attentif de l’ensemble des évolutions du dossier, tant sur le plan
national qu’international, conformément à la position officielle du Royaume.
Le Bureau de coordination avec la MINURSO mobilisé pour
accompagner le retrait
Autre décision majeure issue de cette séance : la
désignation du Bureau de coordination avec la MINURSO, relevant du ministère de
l’Intérieur, pour assurer les missions de coordination et d’accompagnement de
l’opération de liquidation et de retrait de la mission onusienne.
Cette structure aura notamment pour rôle de faciliter les
différentes mesures liées à cette opération et de veiller à son déroulement
dans des conditions fluides et ordonnées. À travers ce dispositif, le Maroc
affirme vouloir accompagner cette transition dans un esprit de responsabilité
et de coopération avec l’Organisation des Nations Unies.
Rabat réaffirme son attachement au cessez-le-feu
Malgré la fin annoncée des tâches de la MINURSO, le Royaume
réitère son attachement ferme au cessez-le-feu. Le communiqué du Cabinet Royal
précise que cet engagement demeure inchangé, indépendamment de l'évolution du
dispositif onusien.
Rabat estime toutefois que la mission n'a pas été en mesure,
à plusieurs reprises, de surveiller efficacement le respect du cessez-le-feu et
d'établir les conséquences de ses violations. Le Cabinet Royal considère
également que le contexte ayant présidé à sa création et les fonctions
initialement assignées à cette mission ont évolué.
Cette position s'accompagne d'un rappel des engagements
internationaux du Maroc et des fondements de sa doctrine diplomatique,
présentée comme reposant sur la préservation de la paix, la coopération
internationale et la contribution aux efforts de règlement des différends.
La dynamique diplomatique autour de l’autonomie appelée à se
poursuivre
Sur le front diplomatique, le Souverain a insisté sur la
nécessité de préserver les acquis enregistrés par le Maroc dans le dossier du
Sahara et de poursuivre la dynamique internationale engagée ces dernières
années.
Le Cabinet Royal met notamment en avant les reconnaissances
de la souveraineté marocaine sur le Sahara exprimées par plusieurs pays amis et
partenaires, ainsi que les soutiens à l'Initiative marocaine d'autonomie,
présentée par Rabat comme le cadre de règlement politique du différend.
En définitive, cette séance de travail traduit la volonté du Royaume de préparer l'après-MINURSO autour d'un dispositif institutionnel, sécuritaire, diplomatique et économique. Entre préservation des engagements internationaux, accompagnement du retrait de la mission onusienne et poursuite du développement des provinces du Sud, Rabat entend aborder cette nouvelle étape en maintenant le cap de ses orientations nationales.

