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Environnement - Qualité de l’air : la Côte d’Ivoire veut devenir une plaque tournante de l’observation en Afrique

AfriqueVérité 15 Sep 2026 - 13H09 vues
À l’initiative de L’Air et Moi – Côte d’Ivoire, de la Fédération L’Air et Moi (FAEM) et du Réseau Climat Jeunesse, une conférence de presse consacrée à la qualité de l’air, au climat et à la santé s’est tenue samedi 12 septembre 2026 à Abidjan.

 Au cœur des échanges : la sensibilisation, la science participative et le déploiement de micro-capteurs destinés à mieux mesurer la pollution atmosphérique. Avec, en perspective, l’ambition d’implanter en Côte d’Ivoire un observatoire africain de l’air. La qualité de l’air s’impose progressivement comme un enjeu majeur de santé publique et de développement durable en Côte d’Ivoire. C’est dans cette dynamique que L’Air et Moi – Côte d’Ivoire, la Fédération L’Air et Moi (FAEM) et le Réseau Climat Jeunesse ont réuni, samedi à Abidjan, plusieurs acteurs de la société civile, experts et leaders de jeunesse autour des enjeux liés à la pollution atmosphérique. La rencontre a notamment été marquée par les interventions de spécialistes du climat et de la qualité de l’air, dont le Dr Issa Bado, spécialiste de programme à l’Organisation internationale de la Francophonie, ainsi que des experts impliqués dans le développement et l’utilisation des outils de mesure de la qualité de l’air.

Pour Keïta Abdul Aziz, expert en géosciences environnementales, coordonnateur national de L’Air et Moi Côte d’Ivoire et du Réseau Climat Jeunesse Entreprise Côte d’Ivoire, cette conférence constitue une étape importante dans la mobilisation de la jeunesse. « On ne peut que se réjouir qu’on ait pu organiser ce genre de conférence avec des personnalités de qualité », a-t-il expliqué, insistant sur la nécessité de disposer d’outils scientifiques pour rendre visible une pollution qui, par nature, reste difficile à percevoir.

 

 Un micro-capteur pour rendre visible l’invisible

 

L’une des principales innovations présentées lors de cette rencontre est un micro-capteur de mesure de la qualité de l’air, mis à disposition grâce à la collaboration avec AirCarto et AtmoSud. Compact et destiné à être déployé sur le terrain, cet outil permet de mesurer différents paramètres liés à la pollution atmosphérique, notamment les particules fines. Il s’inscrit dans une démarche open source et open data, avec l’objectif de favoriser l’accès aux données et de développer la science participative.

 

Le principe est simple : mieux mesurer pour mieux comprendre, puis mieux agir.

 

Les particules fines, notamment les PM10 et PM2,5, sont particulièrement préoccupantes en raison de leur capacité à pénétrer profondément dans l'appareil respiratoire. Certaines particules encore plus fines peuvent franchir les barrières naturelles de l'organisme et avoir des conséquences importantes sur la santé. Selon Keïta Abdul Aziz, « pour pouvoir lutter efficacement, il faut pouvoir les identifier. Et pour pouvoir les identifier, il faut de la science ». Le responsable ivoirien souligne également que le dispositif présenté est le fruit de plusieurs décennies de recherche et d’expertise développées en Europe. « C’est le résultat de plus de 40 ans de recherche », a-t-il indiqué, estimant que la Côte d’Ivoire dispose désormais d’une opportunité pour développer ses propres capacités dans ce domaine.

 

Vers un laboratoire de fabrication de micro-capteurs en Côte d’Ivoire ?

 

Au-delà de la simple utilisation de ces équipements, les organisateurs affichent une ambition plus large : contribuer à la création, en Côte d’Ivoire, d’un premier laboratoire de fabrication de micro-capteurs de qualité de l’air en Afrique, en collaboration avec les autorités compétentes, notamment le ministère en charge de l’Environnement. Cette perspective pourrait permettre de renforcer les capacités locales en matière de recherche, d’innovation et de surveillance environnementale. La FAEM entend également développer trois axes prioritaires : la sensibilisation et l’éducation à la qualité de l’air et au climat, notamment à travers les supports pédagogiques du programme L’Air et Moi ; le déploiement de micro-capteurs en open source et en open data, en collaboration avec AirCarto et AtmoSud ; et enfin la mise en place de formations « Air – Climat – Santé », avec la participation d’experts issus de différents domaines.

 

Air, climat et santé : un même combat

 

Pour le Dr Issa Bado, la problématique de la qualité de l’air dépasse largement la seule question environnementale. Elle touche directement la santé, l’économie et le développement. « La qualité de l’air est un enjeu en Côte d’Ivoire. Cet enjeu a des impacts sur la santé, des impacts sur l’environnement, mais aussi sur l’économie », a-t-il souligné. Le spécialiste a notamment insisté sur les liens entre pollution atmosphérique, mobilité, poussière, changement climatique et fragilité des écosystèmes. Il appelle ainsi à une approche intégrée et à une mobilisation collective. Pour lui, la jeunesse doit jouer un rôle central en s’organisant, en développant des projets adaptés aux besoins des communautés et en recherchant les ressources nécessaires pour leur mise en œuvre.

 

La Côte d’Ivoire, future plaque tournante africaine ?

 

Derrière cette mobilisation se dessine une ambition encore plus grande : faire de la Côte d’Ivoire un pôle africain de référence sur la qualité de l’air. Les acteurs réunis à Abidjan souhaitent notamment travailler à la mise en place d’un Observatoire africain de l’air, qui pourrait servir de plateforme de production, de collecte, de partage et d’analyse des données relatives à la pollution atmosphérique sur le continent. L’objectif serait également de rapprocher les scientifiques, les pouvoirs publics, les organisations de la société civile, les collectivités, les jeunes et les populations autour d’un même enjeu : disposer de données fiables pour mieux protéger la santé et l’environnement. Cette dynamique entend ainsi faire de la Côte d’Ivoire non seulement un espace de sensibilisation, mais également un territoire d’innovation et de recherche dans le domaine de la qualité de l’air.

 Avec le déploiement des micro-capteurs, le développement de la science participative et le projet d’un observatoire africain, les initiateurs veulent franchir une nouvelle étape : passer de la sensibilisation à la mesure, de la mesure à la donnée, et de la donnée à l’action.

Noëlle Rabe 

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