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L’ECO en 2027 : la CEDEAO relance le compte à rebours monétaire

AfriqueVérité 15 Sep 2026 - 18H17 vues
L'Afrique de l'Ouest s'apprête à changer de monnaie. Et l'année prochaine pourrait être la bonne.

Après des années de reports, l’ECO revient au premier plan. La CEDEAO maintient l’objectif d’un lancement en 2027 et accélère les préparatifs. Mais entre convergence économique inachevée, coexistence du franc CFA et des monnaies nationales, poids du Nigeria et recomposition politique régionale, fixer une date reste plus facile que construire une monnaie crédible. Réuni le 7 septembre 2026, le Conseil de convergence de la CEDEAO a examiné les performances économiques des États membres et les conditions restant à remplir. L’échéance de 2027 est toujours considérée comme réalisable, avec une approche progressive permettant aux pays remplissant les critères de convergence d’intégrer l’ECO avant les autres. Cette formule évite d’attendre que tous les États soient prêts simultanément, mais ouvre la perspective d’une intégration monétaire à plusieurs vitesses.

 

La convergence reste le juge de paix

 

Une monnaie commune exige davantage qu’une décision politique. Inflation, déficits publics, dette, réserves de change et stabilité macroéconomique devront être suffisamment maîtrisés. Le véritable défi n’est donc pas de créer des billets portant le nom ECO, mais de faire fonctionner durablement une même monnaie entre des économies aux structures et performances différentes.

 

Le Nigeria incontournable

 

Par son poids démographique et économique, le Nigeria sera déterminant. Une ECO sans engagement fort d’Abuja perdrait une partie de sa portée, mais la puissance nigériane pose aussi la question de l’équilibre entre les membres. Le futur système devra bénéficier du poids du Nigeria sans donner aux économies plus petites le sentiment d’entrer dans une zone dominée par un seul État.

 

Le franc CFA au cœur de l’équation

 

Pour les pays de l’UEMOA, déjà liés par le franc CFA, une banque centrale et des mécanismes monétaires communs, la transition sera particulièrement délicate. Il faudra définir la future autorité monétaire, la gestion des réserves, le régime de change et les mécanismes de solidarité. L’équation est d’autant plus complexe que le Burkina Faso, le Mali et le Niger ont quitté la CEDEAO tout en restant membres de l’UEMOA. La géographie politique et la géographie monétaire de l’Afrique de l’Ouest ne coïncident donc plus totalement.

 

De la souveraineté à la crédibilité

 

L’ECO porte une ambition de souveraineté et d’intégration régionale, mais une monnaie ne devient pas forte par décret. Sa valeur reposera sur la discipline des États, la solidité des institutions, les réserves disponibles et surtout la confiance des populations, des entreprises, des banques et des investisseurs. Mal préparée, elle pourrait créer de nouvelles incertitudes. Solidement construite, elle pourrait faciliter les échanges et approfondir le marché régional.

 

2027, l’année de vérité

Après plusieurs échéances repoussées, la relance du projet devra désormais se traduire par des décisions concrètes. La question n’est plus seulement de savoir si l’ECO sera lancé en 2027, mais quels pays seront réellement prêts, selon quelles règles et avec quelles garanties de stabilité. L’Afrique de l’Ouest n’a pas simplement besoin d’une nouvelle monnaie. Elle a besoin d’une monnaie suffisamment crédible pour inspirer confiance à ceux qui l’utiliseront.

Noëlle Rabe 

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